« La Dérive » c’est le fait de s’écarter de la voie, d’une norme, d’un cadre établi, c’est le fait de déraper, d’aller à l’aventure, de se laisser aller sans réagir…
Je reviens de loin.
D’un endroit où on n’a pas peur, pas de limite, pas de cadre, ni repère.
Tout est permis.
C’est un royaume où vous définissez les lois, en despote.
Pas de lois, pas de règles.
Mon égarement est profond.

Petit à petit.
Bien après le choc.
Sans vraiment m’en rendre compte, ça s’installe, insidieusement.
Un espace de détente, une échappée.
Une parenthèse dans cet enfer.
Dans cette réalité si crue elle.
Insoutenable.

Ça devient un défouloir, de ma rage, de cette tristesse infinie qui se mue en colère.
J’enrage. J’éructe au monde. Mal. Pas comme il faudrait. Comme ça sort.
Furie.
C’est une lutte.
Contre la douleur.
Mais je suis seule à me battre.
Pas d’adversaire.
L’adversaire c’est la mort, l’absence.
Je me bats contre.
Ces récréations n’en sont pas, je n’y suis pas.
Je perds pied.
J’excelle dans l’excès.
Je me noie.
De plus en plus seule.
Je reste avec ma rage.
Qui me ronge.
L’errance sera longue et me coûtera cher.

Séquence 3

constellation de la dérive #3