C’est peut-être le plus grand enseignement de ma vie.
Accepter et envisager son choix.
Dans toute sa radicalité, comme révélateur de son altérité propre, stricte et toute entière. 
Il y a un mot synonyme affilié à Altérité: Différence.
Réussir à accepter et envisager sa « différence », même quand elle vous tabasse.
S’en défaire même, ne pas vouloir nécessairement la comprendre.
 
Ce parcours d’acceptation est embarrassé par la fonction de père qu’il incarnait.
Cette filiation rend la prise de distance douloureuse et laborieuse.
Cela prend du temps. 
Le temps de se détacher tellement profondément que l’on peut appréhender cet autre, même un père, en dehors de soi.
Simplement comme un être différent. Afin de pouvoir le voir. Voir l’autre tout entier. Différent de soi. Détaché.
Coupé du lien, malgré l’attachement, malgré les sentiments, malgré l’amour. 
Ce lien n’a pas (re)tenu face à son choix.
 
Son choix.
Son « libre arbitre » fou.
Absolu.
 
« Liberté,
Indifférence,
Volonté ».… sont les synonymes du « libre arbitre ».
 
Je reconnais dans ces trois mots ce qui a permis et définit son acte.
Être un homme « absolument » libre, 
être un homme affranchit des liens,
avoir une détermination inouïe et un courage immense.
 
Jusqu’où puis-je accueillir, admettre, supporter ce qui est contre-nature ?
Parcourir les étapes, les unes après les autres de compréhension de la « liberté de chacun ». 
Même si ce n’est pas « dans l’ordre des choses ».
Même si c’est pour se donner la mort.
Sa liberté infinie, ultime, lui accorder.
La vision qu’il a eu de sa vie, qu’il a acté par son geste.
Apprendre que la liberté fait des ravages.
En ça réside sa limite.
Séquence 5

constellation de l’altérité #5