Que reste-t-il quand il ne reste plus rien ?
Une marque laissée par son existence, une série d’empreintes.
Ce qui subsiste ce sont les traces déposées en moi.
 
Il y a différentes traces; celle de la perte et celle de l’héritage.

Celle de la perte abîme, devient une cicatrice.
Elle est vive, tranchante, saignante.
Elle est douloureuse, vous ramène constamment à l’événement d’origine.
C’est celle qui vous altère, qui vous oriente vers d’autres chemins, d’autres voies, une autre vie. 
Elle vous transforme.
Elle va vous dessiner, vous construire, en partie vous définir.
Je suis « marquée à vie » d’un certain goût, d’une certaine couleur à mon être, plutôt sombre.
Le souvenir garde la trace de certains événements dans les moindres détails.
Elle raconte l’histoire, mon histoire.
Cette trace est comme un tatouage de l’âme. 
La « trace-perte » c’est le trait du dessin de mon histoire.
 
Celle de l’héritage contient la mémoire de celui qui n’est plus, c’est l’empreinte. 
Une impression, quelque chose en moi, déposé.
Je suis imprégnée de la présence. 
C’est ce qui me reste. 
Les vestiges du lien reposent en moi.
On dit « porter la trace ».
Je porte une mémoire.
Mais c’est invisible à l’œil.
C’est une trace ineffaçable dans le cœur et dans l’esprit. 
La « trace-héritage » c’est la mémoire de quelqu’un qui demeure en vous.
 
Ces traces sont bien distinctes mais s’entremêlent.
C’est l’essence même de la complexité de cette succession au goût si amer.
L’une peut empêcher l’autre d’exister.
J’ai mis du temps à accéder à mon héritage, étant tellement encombrée par la douleur que la trace de la perte a creusé en moi.
Séquence 4

constellation de la trace #4