J’ai perdu le bleu.
Ce regard, azur.
Qui accompagne, qui rit, qui porte haut, très haut.
L’absence n’est pas nécessairement une négativité, une carence ou un manque de présence.
Elle est structurelle.
En cela elle est proprement inconsolable.
Ne pouvant ni être compensée ni être comblée.
Il faut vivre avec, mais sans fondation, sans le partage, sans le souffle.
L’absence d’un père c’est une pièce manquante sur l‘échiquier d’une vie de famille.
Un trou béant dans la triangulation parent/enfant.
Vous êtes différent des autres.
Bancal.
L’absence devient inhérente à votre personne et à votre construction identitaire.
On vit l’inconnu de la paternité dans les plis de la vie intime.
Dans l’infime comme dans l’essentiel.
Mille et une choses que vous ne vivrez pas, auxquelles vous n’aurez jamais accès.
L’absence dans une vie, c’est un peu vivre tout le temps avec la mort, jamais loin.
On vit avec un vide.
Seule, face au vide de l’absence.
Cette absence est devenue ma solitude.
Un isolement.
Une compagne de remplacement.
Une solitude de l’absence.
Elle prend sa place.
La découvrir, la voir grandir, la redouter, la fuir, la haïr.
L’absence d’un père crée du vide qui se mue en solitude.
Finir par se l’approprier et en faire une partie de soi.